Retrouvez l’ensemble des discours prononcés par les élus et les représentants de l’Etat et des associations lors de la cérémonie d’inauguration du Mémorial le samedi 13 septembre 2025.
Merci à eux d’avoir bien voulu communiquer les textes de leurs discours.
Récitation par Logan du poème de Robert Desnos, « Ce cœur qui haïssait la guerre »
Robert Desnos, « Ce cœur qui haïssait la guerre » dans L’Honneur des poètes, 1943.
Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !
Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
Et qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne
Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat.
Écoutez, je l’entends qui me revient renvoyé par les échos.
Mais non, c’est le bruit d’autres cœurs, de millions d’autres cœurs battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces cœurs,
Leur bruit est celui de la mer à l’assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d’ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l’ombre à la besogne que l’aube proche leur imposera.
Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées, du jour et de la nuit

Discours de Monsieur Gérard Delanef, maire de Crisolles
Monsieur de directeur de l’ONAC,
Monsieur le député,
Madame, la sénatrice,
Mesdames messieurs les conseillers régionaux et départementaux,
Mesdames Messieurs en vos grades et qualités,
Merci d’être présents aujourd’hui pour inaugurer le Mémorial noyonnais de la Résistance et de la Déportation.
Pour sauvegarder la mémoire, depuis de nombreuses années les municipalités de Crisolles ont tenté de trouver une solution à l’accès difficile au maquis des Usages, dans les bois.
Après trois ans de travail menés avec le Souvenir Français et portés par l’engagement de Henri, Calixte, Thierry et Emmanuel, nous voyons enfin aboutir ce beau projet, plus large et plus ambitieux, pour lequel la commune s’est portée maître d’ouvrage.
Cette ambition a un coût : plus de 100 000 euros. Le Mémorial n’aurait donc pas pu voir le jour sans l’aide financière de l’Office national des Anciens combattants, du Conseil régional, du Conseil départemental, mais aussi grâce à la générosité de plusieurs communes et de certains citoyens. Qu’ils en soient tous remerciés.
Je tiens également à saluer l’implication de tous ceux qui y ont contribué : l’entreprise Cédric Paysage, le sculpteur Didier Paigneau, nos enseignants, le conseil municipal, nos secrétaires de mairie et nos agents communaux.
Notre commune n’oublie pas pour autant ses autres lieux de mémoire : la stèle commémorant l’attaque du maquis des Usages, le monument en hommage à notre maire Marcel Poulin, la plaque commémorant le sacrifice de la famille Devulder et tous les autres déportés et résistants de notre village chaque année ces endroits accueilleront les dépôts de gerbes.
Ce mémorial doit nous aider à regarder vers l’avenir en transmettant aux jeunes générations le souvenir de ces heures sombres et du courage de celles et ceux qui se sont battus.
Vive la République et vive la France.

Discours de Monsieur Henri Germain, président du comité Noyon-Guiscard du Souvenir Français
Mesdames, Messieurs,
Ce mémorial est unique.
Mémorial intercommunal, il évoque le pavillon de chasse où s’étaient réfugiés les résistants du maquis des Usages, dynamité par les Allemands après l’attaque du 23 juin 1944.
Mais il ne se limite pas à cet épisode marquant. Il fait la synthèse de la mémoire de tous les villages du Noyonnais durant ces années sombres.
Ainsi, un cheminement guide le visiteur à travers six étapes retraçant l’histoire locale de la Seconde Guerre mondiale, de l’entrée en guerre jusqu’à la Libération.
Le monument se compose de cinq murs : deux murs latéraux ornés de 6 bas-reliefs recto-verso illustrant ces six thèmes et deux murs d’entrée en briques, rappelant les ruines du pavillon détruit.
Nous remercions l’entreprise Cédric Paysage et ses équipes pour la qualité de leur travail, ainsi que l’entreprise FerPlay de Varesnes.
Notre gratitude va également au sculpteur Didier Paigneau qui, avec les élèves de Première et de Terminale arts plastiques du lycée Calvin, a su donner forme et sens à l’esprit de ce lieu de mémoire.
Ce mémorial est la preuve que les grandes réalisations naissent toujours de la réflexion, du dialogue et de la persévérance.
À toutes celles et ceux qui ont contribué, de près ou de loin, au monument, aux bas-reliefs, aux panneaux historiques, au site internet : nous exprimons toute notre reconnaissance.
Nous adressons aussi nos remerciements à la commune de Crisolles, à son maire pour leur soutien et leur confiance, ainsi qu’au Souvenir Français, à Chrystèle Defert présidente du Souvenir Français du département de l’Oise, pour leur bienveillance dans cette aventure audacieuse.
Ce projet n’aurait pas pu voir le jour sans le concours des collectivités. Merci au Conseil départemental, et en particulier à nos conseillers Thibault Delavenne et Corinne Achin, pour leur coopération. Merci aussi au Conseil régional et à l’ONAC de l’Oise pour leur appui financier déterminant.
Nous saluons enfin l’implication des maires du canton et de leurs conseils municipaux – les communes de Bussy, Carlepont, Guiscard, Muirancourt, Noyon, Salency, Varesnes, Ville – ainsi que la solidarité des associations patriotiques, notamment l’UMRAC de Guiscard et de Salency. La force du collectif a été le moteur de ce projet.
Ce mémorial est une œuvre tournée vers l’avenir. C’est pourquoi nous avons souhaité associer les jeunes : les élèves des écoles de Crisolles et de Salency, les collégiens de Guiscard et de Paul Éluard à Noyon, les lycéens de Jean Calvin et les étudiants de BTS du lycée horticole de Ribécourt. Merci aux enseignants qui ont guidé et soutenu leurs élèves dans cette aventure inédite.
Par ce parcours de mémoire, nous honorons les Déportés, les acteurs de la Résistance, de son bras armé le maquis et nous insistons pour que le souvenir et la mémoire de leurs actions demeurent des exemples afin que la paix, la liberté et la démocratie perdurent et ne tombent pas dans l’oubli ; ces valeurs étant considérées comme acquises à jamais.
Les nouveaux conflits majeurs aux portes de l’Europe de l’Est sont là pour nous rappeler que les valeurs premières de nos sociétés européennes sont menacées et que ce réveil brutal ne peut malheureusement être qu’un début. Nos valeurs démocratiques doivent se construire et s’entretenir dans la vie de tous les jours par l’éducation du vivre ensemble, le respect mutuel, le goût de l’effort ; tout cela à développer dans les familles et à l’école, sachant faire de nos enfants des citoyens, pas des assistés.
John Kennedy disait « avant de penser à ce que votre pays peut faire pour vous, pensez à ce que vous faire faire pour votre pays. » Si nous appliquons ce message nous pouvons passer le cap difficile qui est devant nous et les anciens combattants que nous vénérons ne seront pas morts pour rien.
Avant de conclure, je voudrais mettre l’accent sur la qualité du travail d’équipe surtout de notre bureau où la complémentarité des conseils de chacun, sans problème d’égo, a permis l’optimisation de la réalisation de notre projet. Je remercie aussi les différents intervenants techniques pour leur faculté d’écoute et de conseil.

Discours de Monsieur Thibaud Delavenne, conseiller départemental représentant Mme la présidente du conseil départemental de l’Oise
Monsieur le Maire (Gérard DELANEF) ;
Mesdames, Messieurs les élus ;
Monsieur le Président du souvenir français ;
Mesdames, Messieurs les porte-drapeaux et membres du Souvenir français ;
Mesdames, Messieurs ;
Je vous prie d’excuser notre Présidente du Conseil départemental de l’Oise, Madame Nadège Lefebvre, qui aurait aimé être avec vous aujourd’hui mais qui est malheureusement retenue par d’autres obligations. Elle m’a chargé de vous transmettre ses amitiés à l’occasion de cette inauguration que nous attendions tous avec impatience.
Aujourd’hui, nous nous réunissons ici, à Crisolles, pour inaugurer un lieu de mémoire, autant qu’un lieu de transmission. Ce mémorial, érigé en hommage aux résistants, aux déportés et à toutes les victimes de l’occupation, est l’illustration concrète de notre devoir de mémoire et de notre engagement envers les générations futures.
Crisolles, comme tant d’autres communes de l’Oise, a été le théâtre de souffrances indicibles durant la Seconde Guerre mondiale. Notre territoire porte encore parfois les stigmates d’une répression féroce, avec des rafles à Salency et Caisnes, entraînant l’arrestation et la déportation de nombreux résistants et civils
Ce mémorial nous aide à comprendre les événements et les enjeux de la Résistance et de la Déportation noyonnaises. Chaque étape de ce parcours nous rappelle l’engagement de ces hommes et femmes qui, au péril de leur vie, ont lutté pour la liberté.
Ce monument est fait de pierre, mais c’est un espace amené à être vivant. Il sera, j’en suis sûr, un lieu de rencontre, de réflexion et de transmission. Il est le fruit d’un travail collectif, d’une volonté commune de préserver la mémoire et de transmettre à nos enfants l’histoire de ceux qui ont sacrifié leur liberté pour que nous puissions vivre libres.
Je tiens à saluer chaleureusement le travail des élus locaux, des associations, des historiens et de tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce projet. Votre engagement et votre détermination sont remarquables autant que nécessaires.
En ce jour d’inauguration, nous rendons hommage à tous ceux qui ont souffert, résisté et combattu pour la liberté. Ce mémorial est leur héritage, mais aussi le nôtre. Il nous rappelle que la liberté n’est jamais acquise, qu’elle se construit chaque jour, par nos actions, nos engagements et notre bienveillance.
N’oublions jamais que derrière chaque nom gravé se cache un destin interrompu et une famille brisée. Ces histoires individuelles, parfois oubliées, doivent continuer à vivre dans nos mémoires. Elles nous rappellent que la face la plus sombre et la plus détestable des êtres humains n’est jamais très loin, et qu’il appartient à chaque génération de s’en prémunir.
Ce mémorial, au-delà de son rôle historique, doit aussi être une invitation à l’éducation et au dialogue. J’adresse une pensée particulière aux jeunes qui viendront ici, parfois avec leurs écoles, parfois avec leurs familles. Puisse ce lieu leur faire comprendre que la paix n’est jamais le fruit du hasard, mais celui du courage, de valeurs indéfectibles et de la résilience. Ce mémorial est un des meilleurs outils contre l’oubli et la répétition des erreurs du passé.
Notre pays a été marqué par la guerre, mais il a aussi su, par la résilience et l’esprit de ses habitants, se reconstruire et se tourner vers l’avenir. Crisolles incarne ce double héritage : celui de la souffrance, mais aussi celui de la renaissance.
En gardant vivante cette flamme du souvenir, nous honorons la France et ses héros, autant que nous préparons l’avenir. Voilà le sens de notre présence ici aujourd’hui.
Que la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour la liberté vive en nous et à travers nous.
Vive le devoir de mémoire dans l’Oise ! Vive la résilience et la résistance française ! Vive la République, vive la France !

Discours de Madame Anne-Sophie Fontaine, conseillère régionale, représentant M. le président du conseil régional des Hauts-de-France
Mesdames, Messieurs, les élus,
Chers habitants de Crisolles et du Noyonnais,
Chers représentants des associations mémorielles,
Chers jeunes, qui porterez demain cette mémoire nationale,
La France honore le plateau des Glières, le Vercors, Le Limousin, et tant d’autres.
Grace à vous, elle honore aujourd’hui la résistance de Picardie.
Ici, aujourd’hui, à Crisolles, en ce lieu historique du maquis des Usages nous sommes réunis pour inaugurer le Mémorial Noyonnais de la Résistance et de la Déportation.
Cet endroit, que la nature a recouvert du silence et de l’oubli, fut un foyer de courage pour des femmes et des hommes qui ont refusé l’oppression, l’occupation, la barbarie nazie.
Le conseil régional se devait d’être à vos cotés pour ce projet mémoriel majeur, pour l’ensemble de notre région des Hauts-de-France. Je vous apporte le salut fraternel de notre président Xavier Bertrand qui a suivi personnellement l’avancée de ce projet.
La Résistance française, dans toutes ses formes, fut bien plus qu’un mouvement de lutte armée. Elle fut l’incarnation d’un sursaut national, d’une volonté de dignité, d’honneur et de liberté.
Des dizaines de milliers de résistants ont porté ce combat au péril de leur vie. plus de 100 000 engagés dans toute la France;
Parmi eux, plusieurs milliers tombèrent, parfois dans l’anonymat, laissant derrière eux des familles brisées mais une nation relevée.
Ici, dans l’Oise, la Résistance prit un visage actif. Ce furent des actes de sabotage sur les voies ferrées pour ralentir l’avancée des convois allemands. Ce furent des réseaux de renseignement qui, dans l’ombre, transmettaient aux Alliés des informations précieuses.
Ce furent des imprimeurs clandestins qui diffusaient journaux et tracts pour maintenir vivante la flamme de l’espérance.
Et ce furent aussi des maquisards, comme ceux du maquis des Usages, qui se regroupèrent pour s’organiser, décidés à se battre jusqu’au bout pour libérer leur pays.
Ici, en Noyonnais, dès 1941, des résistants se lèvent. Durant ce conflit, l’union nationale prévaut : communistes, gaullistes, ouvriers, paysans, militaires, maires, ils sont unis par les trois couleurs de notre drapeau.
Ici, le cégétiste Henri Drapier et le maire de Crisolles, Marcel Poulin, sont unis dans un seul but : libérer notre pays.
Aujourd’hui, en inaugurant ce mémorial, nous inscrivons leur combat dans notre présent et dans notre avenir.
Ici, je tiens à souligner l’engagement passionné, déterminé des initiateurs du projet.
Vous avez su rassembler les lycées de Ribecourt, de Noyon, les collèges de Guiscard et de Noyon, l’école de Crisolles, les élus, le maire de Crisolles, mon ami Gérard Delanef, mais aussi toutes nos associations patriotiques, le département, la région, des communes, de nombreux citoyens.
Vous avez su construire un projet mémoriel complet, conçu comme un cheminement de notre histoire.
Vous méritez le respect.
À Crisolles, au maquis des Usages, dans tout le Noyonnais et dans l’Oise, la Résistance nous a laissé un héritage. Ce mémorial en est désormais le gardien.
Ici, il y eu André, Raymond, Marcel, Pierre, et tant d’autres.
Ailleurs, il y a aujourd’hui Arnaud Beltrame, Samuel Paty et d’autres qui sont morts pour une France libre et républicaine.
Honneur à eux.
Vive la mémoire des résistants, vive Crisolles, vive l’Oise, et vive la République !

Discours de Monsieur Jean-François Odent, directeur de l’ONACVG de l’Oise, représentant le Préfet de l’Oise
Monsieur le Député,
Madame la Sénatrice,
Monsieur le Maire,
Madame la Conseillère régionale représentant le Président du Conseil régional,
Madame et Monsieur les conseillers départementaux représentant Madame la Présidente du Conseil départemental,
Madame la Présidente de la communauté de communes du Pays Noyonnais,
Mesdames et Messieurs les Maires,
Madame la Déléguée générale du Souvenir français,
Mesdames et Messieurs les représentants des associations d’anciens combattants et victimes de guerre et patriotiques,
Mesdames et Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités.
Nous célébrons cette année le 81ème anniversaire de la libération de la France et le 80ème anniversaire de la victoire avec les capitulations du régime totalitaire de l’Allemagne nazie le 8 mai 1945 et du Japon le 2 septembre 1945.
Aujourd’hui, nous sommes réunis pour inaugurer ce Mémorial noyonnais de la Résistance et de la Déportation qui a obtenu le label de la Mission de la Libération accordé par l’État.
Je voudrais vous remercier, Monsieur le Maire et Monsieur le Président du comité Noyon-Guiscard du Souvenir Français, d’avoir invité Monsieur le Préfet et Monsieur le Sous-préfet de Compiègne, que je représente aujourd’hui, à présider cette cérémonie d’inauguration de ce mémorial.
Aussi c’est avec émotion et grand plaisir que je suis avec vous ce matin.
81 ans après la commémoration de la Libération de l’Oise, du 28 août au 2 septembre 1944, cette inauguration revêt un sens particulier car il n’existe aucun évènement plus exceptionnel et plus heureux à célébrer que la liberté retrouvée d’un peuple qui en fut privé durant plus de quatre ans dans des conditions de grande misère et de détresse.
Cette libération et la paix retrouvée nous la devons aux sacrifices des Héros et des martyrs de la Résistance et de nos alliés dans les combats de la libération des villes et villages du département.
Je tiens à remercier les personnes à l’initiative de la réalisation de ce mémorial : Monsieur Henri GERMAIN, président du Comité Noyon-Guiscard porteur du projet et Monsieur Calixte MADEJ qui fut le rapporteur du projet et de sa présentation devant le comité départemental du 80ème anniversaire de la Libération, ainsi que les personnes de l’encadrement scientifique : Messieurs Jean-Yves BONNARD, professeur d’Histoire au lycée Charles de Bovelles à Noyon, Thierry HARDIER, professeur d’Histoire au collège Paul Éluard de Noyon et Emmanuel ROCHAS, également professeur d’Histoire au collège Paul Éluard de Noyon.
Je tiens également à remercier, Monsieur le Maire de la commune de CRISOLLES qui a accepté d’être le maître d’ouvrage de la construction de ce mémorial.
Je tiens à saluer particulièrement le travail pédagogique d’ampleur des élèves du collège Paul Éluard, du lycée Jean Calvin de Noyon, notamment la classe de spécialité Arts plastiques, des élèves de 3ème du collège Constant Bourgeois de Guiscard, des élèves de l’École de Crisolles et des étudiants de BTS du lycée horticole de Ribécourt pour leur contribution à la conception paysagère du mémorial.
En réunissant les enseignements généraux histoire, français et l’enseignement technique ce projet s’inscrit pleinement dans le devoir de mémoire. La contribution à la construction par des collégiens et des lycéens d’un monument symbole marque ainsi la trace de l’engagement de la jeunesse du noyonnais.
C’est pourquoi le comité départemental pour le 80ème anniversaire de la Libération a donné un avis favorable à la labellisation de l’État à ce projet désormais réalisé. Une labellisation pleinement méritée !
Je souhaite saluer Mesdames et Messieurs les élus locaux et les représentants associatifs, accompagnés de vos porte-drapeaux qui, par votre présence, exprimez l’importance que vous accordez à cette cérémonie, au travail de mémoire et aux souvenirs qui s’y attachent.
Pour ce 80ème anniversaire de la Libération et de la Victoire, la France a unit dans un même hommage solennel les grands héros de la Libération de 1944 : Français Libres guidés par le Général de Gaulle, Résistants de l’Intérieur et soldats de l’Armée d’Afrique ainsi que nos alliés Américains, Britanniques, Polonais, Australiens…
Et le pays Noyonnais y a pris toute sa part.
Ce mémorial sera désormais le lieu principal du souvenir des faits d’arme de la Résistance et des dates tragiques de l’année 1944 :
– l’attaque du maquis des Usages et la maison forestière des Résistants FFI dans le bois de Crisolles le 23 juin 1944 (avec la mort au combat pour la France de Gaston DEVULDER, de son fils Marcel DEVULDER, de Maurice MOREAU et Roger MOREIRA);
– les rafles de Salency le 1er juillet 1944 et de Caisnes le 27 juillet 1944 lors de laquelle 18 personnes seront déportées à Buchenwald. Trois seulement en reviendront.
Sans se substituer aux monuments, plaques et stèles déjà existants, ce mémorial permettra un apport de cohérence et une unité aux commémorations de cette été 1944 en transmettant, notamment aux plus jeunes, la mémoire du sacrifice des Résistants et des Déportés noyonnais.
La majorité de nos concitoyens sont nés après la Seconde Guerre mondiale et, depuis 80 ans, n’ont plus connu de conflit armé sur le territoire métropolitain. La paix fait partie de notre quotidien ; elle est cependant un bien précieux dont nous n’en avons pas la réelle conscience.
Il nous faut donc des occasions telles que celle qui nous réunit ici, devant ce mémorial que nous découvrons, pour en mesurer le prix, celui payé par celles et ceux qui ont donnés leurs vies pour que nous soyons libres.
C’est le même sentiment aujourd’hui que nous ressentons, que celui qu’ont vécu nos aînés et les plus anciens d’entre nous :
Il nous faut rappeler inlassablement l’atmosphère qui habitait les Françaises et les Français le jour de la Libération, l’expression d’une liesse populaire redevenue possible, la joie et les pleurs mêlés, joie d’une liberté retrouvée, reconquise, mais douleur de la conscience du prix payé et des sacrifices endurés, des humiliations subies pendant quatre ans et de la perte d’être chers, dernières victimes de la barbarie des nazis, massacrées dans les villages de l’Oise avoisinants comme à Troissereux, à Andeville, qui connurent les exécutions sommaires d’otages, tombés dans les maquis à Ronquerolles, à Crisolles et à Rimberlieu, tandis qu’à Compiègne, dans le camp d’internement de Royallieu des dizaines de milliers de Déportés partirent vers les camps de déportation et d’extermination.
La France n’oubliera jamais ces héros de la Libération qui vit renaître l’espoir. Elle n’oubliera jamais ses alliés et les Résistants qui consentirent au sacrifice suprême pour libérer notre sol, notre continent du joug de la barbarie nazie.
Au-delà des victimes de l’Oise, notre mémoire collective porte aussi le deuil des 55 millions d’enfants, d’adultes, de vieillards victimes de l’idéologie fasciste.
Nous nous souvenons de la Libération de Paris, quelques jours avant celle de l’Oise, du Général De Gaulle, défilant sur les Champs-Élysées, marchant vers le grand carrefour des victoires de la France, suivi de toutes les forces de la France résistante, rassemblées sous la même bannière FFI, de toutes les forces de la France combattante, et du peuple français.
Et puis de ces mots du Général devant Georges Bidault, président du Conseil national de la Résistance : « La République n’a jamais cessé d’être. La France libre, la France combattante, le Comité Français de la libération nationale, l’ont, tour à tour, incorporée. »
Nous avons aujourd’hui ce devoir de mémoire. Celui de porter collectivement et individuellement, et notamment vers la jeunesse, un message de vigilance pour préserver la paix dans notre pays et dans le monde, mais aussi de prendre garde à la défense des valeurs qui sont le ciment de notre société et de notre démocratie : le respect de l’autre, la tolérance mais également le respect des règles du vivre ensemble.
Nous le savons que la liberté est un bien infiniment fragile.
Transmettons donc avec force et vigueur, avec conviction, et, ce mémorial y contribue dans le pays noyonnais, les valeurs de courage et l’esprit de sacrifice de ceux qui, au cours de cette guerre, ont permis aux habitants de l’Oise et, au-delà aux Européens, de retrouver la liberté.
Telle est pour nous, aujourd’hui, la meilleure manière de respecter la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés naguère, et à qui nous devons notre liberté.
Vive la République Vive la France.

